Une Charte, chez nous…


Plusieurs me demandent quelle est ma position dans l’actuel débat sur la Charte des valeurs québécoises.

Et bien voici…

Je suis pour une charte de la laïcité qui affirme la séparation indéfectible de l’État et du religieux.

Je suis contre tout ce qui nie –  en réalité ou symboliquement –  l’inégalité des hommes et des femmes, peu importe l’Église qui en fait la promotion.

Je suis pour l’affirmation des valeurs québécoises et/ou canadiennes qui mettent la démocratie, la liberté d’être, la non-violence et le vivre-ensemble au premier chapitre de nos principes.

Je suis contre tout signe religieux dans les chambres exécutives ou législatives, de même contre toute pratique religieuse pendant l’exercice politique, au fédéral, au provincial, au municipal ou dans l’espace scolaire.

J’estime qu’on doit pouvoir faire garder ou éduquer ses enfants et se faire soigner dans un espace non-confessionnel.

Je suis contre la constitution de ghettos, religieux ou autres.

Je suis pour la pratique religieuse, pour ceux qui le souhaitent, dans un cadre privé, ou dans un lieu de culte, à la condition que les rites n’aillent pas à l’encontre du principe de liberté et d’égalité pour les femmes.

Je réprouve catégoriquement toute expression du religieux qui ostracise certaines personnes sur la seule base de leur identité personnelle ou de leur choix d’objet sexuel.

Ceci étant dit, on doit aussi comprendre le parcours de ces gens qui nous viennent de pays où le religieux a souvent permis leur survie.  Nous, femmes occidentales, avons pris des siècles pour nous affranchir de coutumes contraignantes.  Ces femmes qui arrivent ici voilés, en tout ou en partie, doivent souvent la vie à ces pratiques religieuses. On leur a inculqué qu’elles ne sont plus rien sans ces artifices.  Grâce à leurs fétiches, elles ont survécu dans des environnements hostiles, violents.  Elles ont ainsi hérité d’une identité fondamentale qui les définit et les sécurise.  Leur demander, sans autre forme d’assistance, de renoncer à ces signes religieux équivaudrait à transplanter une femme du 17e siècle à notre époque, l’instant d’un voyage en avion. On peut facilement imaginer l’angoisse…

Je considère souhaitable et nécessaire que ces femmes en viennent à vivre en toute sécurité dans une société où la survie ne tient pas à la pratique de rites religieux prescrits.

Je déplore le comportement ouvertement démagogique de certains politiques qui alimentent leur électorat à grands coups de déclarations intempestives, déclarations qui exacerbent l’insécurité de toutes ces femmes vulnérables.

Tous ensemble nous savons quelles valeurs ce pays défend.  Si ces valeurs existent, c’est parce qu’elles nous préservent de la barbarie.  Ne donnons pas bonne bouche à ces mêmes barbares qui ont voilé des générations de femmes pour mieux les dominer en faisant la démonstration que nous ne valons pas mieux qu’eux dans la démagogie et le clivage.

Ces femmes ont hérité d’une culture.  Elles sont venues ici pour comprendre ce que notre culture à nous pouvait leur offrir de mieux. Donnons-leur du temps pour changer, s’adapter et permettre à leurs filles de s’émanciper comme les nôtres, mais sans oublier que cette émancipation est inévitable et que nous resterons inflexibles sur cet objectif.

C’est tout.

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